27e CAN SENIORS HOMMES, RWANDA 2026 : l’essentiel à savoir sur le Cameroun, le premier adversaire du Bénin en Coupe du Président !

Sélection historique du handball africain, l’équipe nationale masculine du Cameroun, surnommée les « Lions », avance aujourd’hui sur un fil ténu entre héritage et reconstruction. Forte d’un passé honorable, mais en quête d’un nouveau souffle, elle demeure une formation respectée sur le continent, capable d’éclairs comme de passages à vide.

Présents dès les premières éditions du Championnat d’Afrique des Nations, les Camerounais ont marqué l’histoire avec une médaille d’argent en 1974 et une de bronze en 1976. A ces performances s’ajoutent deux médailles d’argent aux Jeux africains, en 1978 et 1995, témoignant d’une époque où le Cameroun figurait parmi les places fortes du handball africain. Pourtant, malgré cette régularité continentale, 19 participations sur 26 éditions de la CAN, une frontière demeure infranchissable : la qualification pour un Championnat du monde, jamais atteinte à ce jour.

Ces dernières années, les Lions oscillent entre milieu et bas de tableau continental. De la 5e place obtenue à plusieurs reprises (2002, 2004, 2014, 2016) aux 12es rangs enregistrés en 2020 et 2022, le Cameroun peine à retrouver la constance de ses heures fastes. A la CAN 2026, sous la houlette de l’entraîneur Bertin Njantou Tabeth, la sélection a toutefois montré un visage contrasté : sévèrement battue par la Tunisie (22-41), elle a su réagir avec caractère face au Kenya (28-24), illustrant une force mentale encore intacte. Appuyée sur une défense rugueuse, l’équipe camerounaise se définit aujourd’hui comme une puissance en reconstruction. Les propos des acteurs traduisent une volonté de capitaliser sur l’expérience accumulée aux CAN et aux Jeux africains pour redevenir un outsider crédible. Plus qu’un simple participant, le Cameroun cherche désormais à redevenir un prétendant.

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Aimé Sèbio : « Nous allons aborder la Coupe du Président avec sérénité »

Malgré une troisième défaite face au Cap-Vert (24-32), le sélectionneur béninois Aimé Sèbio retient les signes encourageants affichés par ses joueurs à Kigali. Progression collective, confiance retrouvée et projection vers la Coupe du Président, le technicien béninois se montre résolument optimiste.

Le Bénin s’incline pour son troisième match face à une grande équipe, le Cap-Vert, sur le score de 24-32. Quelle analyse faites-vous de cette rencontre ?

Nous avons joué contre une équipe qui fait partie du top 3, et ce n’est pas des moindres. Malgré cela, nous marquons 24 buts. C’est d’abord louable. Vous aurez d’ailleurs constaté que l’équipe monte en puissance au fil de la compétition. Comme je l’ai dit hier, l’objectif reste la Coupe du Président, et il est fort probable que nous affrontions le Cameroun demain. Nous allons tout mettre en œuvre pour aller le plus loin possible dans cette Coupe du Président. Le Cap-Vert n’est pas une petite équipe. Notre stratégie était de ne pas jouer dans la précipitation, de prendre tout notre temps, ce qui les énervait. A chaque fois qu’il y avait des montées rapides de balle, vous avez vu comment ils allaient le plus vite possible. Face à une équipe de ce niveau, réussir à marquer 24 buts n’est pas chose facile. C’est une grande nation de handball. Nous, nous revenons après 30 ans d’absence. Il est donc normal d’encourager les joueurs. La progression au cours de la compétition, vous la ressentez vous-même. Je crois que nous allons aborder la Coupe du Président avec sérénité.

Vous avez indiqué que l’équipe monte en puissance, mais on a constaté trois buts d’écart à la mi-temps, puis huit buts d’écart en seconde période. Comment expliquez-vous cela ?

En seconde mi-temps, les consignes n’ont pas été respectées comme elles auraient dû l’être. Vous avez pu constater qu’il y a eu trop de précipitation en attaque. Cela a entraîné beaucoup de pertes de balle. Il y a eu des montées rapides avec des balles perdues. C’est un problème que nous avons identifié. Les consignes avaient été correctement respectées en première mi-temps, mais en seconde période, les joueurs ont décidé d’aller un peu plus vite, ce qui a provoqué de nombreuses pertes de balle.

Comment peut-on aborder cette dernière phase, quand on sait que l’équipe a réalisé un bon match face au Cap-Vert ?

Il faut dire que nous avons déjà amorcé la stratégie que nous allons utiliser contre le Cameroun. Nous y travaillons déjà. Nous avons suivi le match du Cameroun contre le Kenya ou l’Ouganda. Nous nous préparons aussi bien sur le plan offensif que défensif. Nous nous y apprêtons. Nous allons galvaniser le moral des joueurs et je crois que l’objectif sera atteint.

Que faudra-t-il faire avant d’aborder la Coupe du Président ?

Nous aurons des séances vidéo. Il y a des séquences de la seconde mi-temps que nous allons leur présenter, ainsi que celles de la première mi-temps, afin de leur montrer la différence en matière de gestion du jeu entre les deux périodes. C’est très capital.

Entre le premier et le troisième match, on observe une nette amélioration. Comment expliquez-vous cette montée en puissance de l’équipe béninoise ?

C’est ce que l’on appelle la confiance en soi, le fait de croire en ses capacités. Ensuite, je crois que le directeur technique national, Basile Nouatin, et l’encadrement technique ont expliqué aux joueurs qu’ils avaient évolué en dessous de leurs capacités. Nous les avons invités à croire en leurs qualités et à comprendre qu’ils pouvaient faire mieux. Après 30 ans d’absence, lorsque des joueurs arrivent sur une telle compétition, le stress des premiers matchs est normal. Mais lorsqu’on leur montre qu’ils peuvent faire mieux que ce qu’ils ont produit, ils commencent à croire en eux-mêmes. C’est cela qui explique la montée en puissance de l’équipe.

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Warren Justin Pinto : « Nous entrons réellement dans la compétition maintenant »

L’arrière droit béninois Warren Justin Pinto se veut rassurant malgré les trois défaites en autant de sorties à la CAN 2026 de handball. Entre progression collective, apprentissage et ambitions pour la seconde phase, le joueur appelle à l’indulgence et à la confiance autour d’un groupe en pleine construction.

Trois matchs, trois défaites. Néanmoins, on observe une équipe qui monte en puissance…

C’est tout à fait cela. Nous avons montré un tout autre visage par rapport au premier match disputé en début de compétition. Des automatismes commencent à se mettre en place. Même sur le plan défensif, nous commençons à mieux nous comprendre par rapport à notre première sortie. En défense, nous sommes beaucoup plus en place. Nous entrons désormais dans la deuxième phase de la compétition. C’est précisément à ce moment-là que nous nous sommes fixé des objectifs clairs. A partir de maintenant, nous n’aurons plus droit à l’erreur, notamment lors du match que nous aurons demain. C’est une rencontre pour laquelle nous viserons la victoire. Finalement, on peut dire que nous entrons réellement dans la compétition maintenant.

Du premier au troisième match, y a-t-il eu des regrets ?

Je pense que lors du deuxième match contre le Congo, nous pouvons nourrir quelques regrets. Au final, nous nous rendons compte que nous n’étions pas si loin de cette équipe du Congo, avec une défaite 26-22. Il a peut-être manqué quelques détails. Mais quoi qu’il arrive, cela reste une phase d’apprentissage et cela va nous servir pour la deuxième semaine de compétition qui s’annonce.

Quel message adressez-vous au public sportif béninois, qui ne maîtrise pas forcément le handball et qui vient de voir la sélection nationale enchaîner trois défaites ?

Je dirais qu’il faut faire preuve d’indulgence envers notre équipe. Nous arrivons dans cette compétition après 30 ans d’absence du Bénin à la CAN. Nous disposons d’un groupe nouveau, qui n’a pas eu énormément de temps pour travailler ensemble. Nous faisons avec les moyens dont nous disposons et, sincèrement, au regard de l’enthousiasme et de la volonté qui animent ce groupe, je pense qu’il faut réellement être indulgent et essayer de voir tous les aspects positifs de cette équipe.

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27e CAN SENIORS HOMMES, RWANDA 2026 : Isaac Valot se projette sur la suite de la compétition !

Eliminé de la phase principale après trois rencontres disputées face à des adversaires de haut niveau, le pivot béninois Isaac Samuel Ayahi Valot affiche une bonne détermination. A l’aube de la Coupe du Président, il évoque les enseignements tirés de la phase de poules et les ambitions claires du Bénin pour la suite de la compétition à Kigali.

Au terme d’une troisième rencontre, que retenez-vous de cette phase de poules ?

Nous avons disputé des matchs assez compliqués. Nous savions que nous allions évoluer dans un groupe difficile. Il s’agissait de trois équipes qui prétendent à la qualification pour la Coupe du monde, des formations du top 5. Nous savions donc que ce seraient des matchs très relevés. Maintenant, nous avons donné le meilleur de nous-mêmes. Ce dimanche, nous entamons la Coupe du Président. Nous allons faire le maximum pour remporter des matchs et pouvoir nous qualifier pour la prochaine CAN.

Nous sortons de la compétition principale pour aborder la Coupe du Président. A quoi peut-on s’attendre ?

Nous allons affronter le Cameroun. Nous savons que c’est une équipe qui va beaucoup se battre sur le terrain. Nous allons donc devoir tout donner, nous aussi, pour répondre au combat et pouvoir gagner le match. Tout au long de cette compétition, nous aborderons les rencontres avec le même état d’esprit que celui que j’ai évoqué au début : tout faire pour gagner, viser un classement dans le top 10 et ainsi nous qualifier pour la prochaine CAN.

La détermination est donc toujours présente ?

Toujours. Nous gardons la tête haute. Nous savons que ce sont des matchs difficiles. Mais c’est désormais une nouvelle compétition qui commence pour nous, et nous allons faire le maximum pour remporter tous les matchs qu’il nous reste à jouer.

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27e CAN Seniors Hommes, Rwanda 2026 : Les Guépards sortent la tête haute face au mondialiste cap‑verdiens

 

La phase de groupe de la 27e Coupe d’Afrique des Nations (CAN) s’est achevée ce samedi 24 janvier 2026 pour le Bénin. Si le tableau d’affichage de la BK Arena a scellé le sort de la rencontre de ce jour en faveur du Cap-Vert (32-24), il ne saurait occulter le visage conquérant et la détermination affichés par les hommes de Basile Pinto.

Pour mesurer la portée de la performance béninoise, il faut regarder le pedigree de l’adversaire. Face aux Guépards, se dressait une montagne : le Cap-Vert, vice-champion d’Afrique 2022. Avec quatre participations à leur actif et un statut de mondialiste, les « Requins Bleus » font désormais partie de l’élite continentale, portés par une progression fulgurante ces dernières années. À l’opposé, le Bénin signe seulement son deuxième retour sur la scène africaine en trois décennies, un signe fort du renouveau du handball national.

Loin de se laisser impressionner par le palmarès adverse, les Ambassadeurs béninois ont fait preuve d’un sérieux tactique exemplaire. Malgré un début de match difficile, Simbia Sankara et ses coéquipiers ont su maintenir la pression, refusant de sombrer face à la puissance capverdienne. L’entrée de Joël Ahossi dans les buts a été le tournant psychologique de la première période ; ses arrêts de grande classe ont galvanisé une défense solidaire, permettant au Bénin de rester au contact à la pause (14-11). ​Le secteur offensif n’est pas resté en reste. L’efficacité de Charly Sossou, auteur de sept réalisations, couplée au dynamisme de Samsoum -Dine Ganiou et au soutien de Renaud Sokegbé, Rafiou Gomina et Abdou Raouf, a prouvé que le Bénin possède les armes pour rivaliser avec des cadors

​Cap sur la Coupe du Président

Si les trois revers en phase de poules privent le Bénin des quarts de finale, l’ardeur des poulains de Basile Pinto est restée intacte jusqu’à la dernière seconde. Cette expérience face à un récent médaillé d’argent continental est un apprentissage accéléré pour cette jeune équipe en reconstruction. ​L’aventure continue désormais en Coupe du Président. Pour ces Guépards qui retrouvent la lumière africaine après trente ans d’absence, chaque match est une pierre posée pour l’édifice futur. L’objectif reste de continuer à honorer le drapeau national et prouver que le Bénin a bel et bien retrouvé sa place sur la carte du handball africain.

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Portrait – Guépard du jour : Ibrahim Hadi, un talent qui fait rêver tout un peuple !

Calme, travailleur et bien efficace sur le terrain, il fait partie des rares joueurs béninois qui font rêver. À 30 ans, Ibrahim Hadi reste insatiable et continue de faire parler de lui. L’international handballeur béninois évoluant au poste d’arrière gauche et pensionnaire de l’AC Soissons Handball Club en France, depuis quelques mois, connaît un parcours marqué par la résilience.

Formé au Bénin et du haut de son 1 mètre 91, Ibrahim Hadi s’est imposé comme l’un des profils les plus fiables du championnat national. Passé notamment par ASO Volcan, ASPAC HBC, puis Flowers CNSS, il a connu avec ce dernier club, plusieurs saisons de haut niveau, marquées par des titres nationaux et une présence régulière sur la scène continentale, dont la finale de la Coupe d’Afrique des clubs champions 2024. L’histoire commence pour lui au secondaire, par le biais de l’un de ses professeurs de sport, Rufin Michozounou, qui avait détecté en lui les aptitudes d’un handballeur lors des cours d’EPS. C’est donc ce dernier qui l’a fait intégrer l’équipe du collège Akpakpa Centre de Cotonou.

Ce professeur de sport, qui était simultanément le coach de l’équipe du collège et celui du club de l’ASO Volcan Handball, son club formateur, a changé la trajectoire de sa vie. Après plusieurs tournois scolaires (Uases), Ibrahim Hadi intègre Volcan Handball dans les catégories d’âge. Une étape de sa carrière qui va très vite se concrétiser par une participation au championnat national des catégories d’âge, puis par une sélection en équipe nationale cadette où il deviendra champion de la Zone 2 et 3 à l’issue du Tournoi international de handball (Ouaga 2013).

L’aventure va se poursuivre pour le prodige béninois qui, deux ans plutard, devient deux fois vice-champion du Bénin avec Volcan Handball Club en seniors, puis vice-champion la saison suivante avec la formation de l’ASPAC HBC (Association Sportive du Port Autonome de Cotonou) qu’il rejoint ensuite.

Faisant partie de l’un des meilleurs à cet époque, il rejoint l’année suivante l’équipe de Flowers Handball Club et devient champion du Bénin en 2018, 2019, 2020, 2021 et 2022. Il termine vice-champion en 2023 avant de renouer avec le titre en 2024. La même année, il crée la sensation avec son club au Championnat d’Afrique des Clubs Champions au Maroc (Laayoune 2024), où il termine vice-champion face à Al Ahly d’Égypte.

Sur le plan international, Hadi est un cadre de la sélection nationale béninoise. Son profil athlétique (1,91 m), sa puissance de tir et sa discipline tactique font de lui un élément régulièrement convoqué lors des compétitions officielles, notamment pour cette 27e Coupe d’Afrique des Nations de handball au Rwanda.

Après avoir conquis le Bénin, Ibrahim Hadi a débarqué en Europe, à Soissons Handball, pour élever son niveau de jeu, s’aguerrir au handball européen et continuer à représenter dignement le Bénin à l’international. Pour le handball béninois, ce transfert est un signe fort que le championnat béninois est capable de peaufiner le talent des joueurs prêts à s’exporter.

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Ali Yaro à la 27e CAN Seniors Hommes, Rwanda 2026 : « Le mouvement sportif est un et indivisible »

Président de la Fédération béninoise de volleyball, Ali Yaro a effectué le déplacement de Kigali pour soutenir la participation historique des Guépards handballeurs à la Coupe d’Afrique des Nations. Entre esprit de solidarité inter-fédérations, lecture lucide des prestations béninoises et reconnaissance de l’appui gouvernemental, le dirigeant sportif livre un témoignage empreint de réalisme et de vision, avec en toile de fond la volonté de capitaliser cette expérience au profit de l’ensemble du sport béninois.

Président de la Fédération béninoise de volleyball, vous êtes à Kigali pour la CAN de handball. Qu’est-ce qui justifie votre présence ?

Je suis à Kigali avant tout pour soutenir la Fédération béninoise de handball. Le mouvement sportif est un et indivisible. Il était important d’accompagner cette fédération, au regard des efforts consentis pour cette participation historique. Il s’agissait également de tirer des enseignements, d’observer la préparation, l’organisation et la participation, afin de capitaliser cette expérience au profit du volleyball, qui ambitionne aussi un retour sur la scène internationale.

Comment appréciez-vous la participation jusqu’à présent ?

Concernant la préparation, je dirais que les choses ont été faites avec les moyens disponibles. Je ne suis pas déçu. Certes, il y a eu deux défaites, mais avec un regard de sportif, les enseignements sont positifs. Face au Maroc, l’équipe a montré beaucoup de cœur en seconde période. Face au Congo, malgré les regrets, la défaite s’est jouée sur des détails. Le très haut niveau se joue sur ces détails. Il faut désormais travailler pour être plus réguliers et continuer à participer à ce type de compétitions. Avec le temps, le Bénin pourra s’installer durablement.

Quel regard portez-vous sur l’appui du gouvernement ?

Il faut saluer l’accompagnement du gouvernement. Sans cet appui, la participation n’aurait pas été possible. Au volleyball, nous bénéficions également de ce soutien, notamment en beach-volley, ce qui nous a permis de participer à des compétitions continentales et même à un mondial. Il nous revient désormais de démontrer que cet accompagnement est mérité, à travers le sérieux dans la préparation, les compétitions locales et les performances internationales.

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CAN SENIORS HOMMES, RWANDA 2026 : A la découverte du Cap-Vert, le troisième adversaire du Bénin

 

A Kigali, du 21 au 31 janvier 2026, l’équipe masculine du Cap-Vert aborde la CAN SENIORS HOMMES avec un statut qui n’a plus rien d’anecdotique. En l’espace de deux cycles olympiques, la sélection insulaire a quitté les marges du continent pour s’installer parmi les places fortes africaines, portée par une progression méthodique et une identité de jeu affirmée.

Sous la conduite de l’entraîneur Jorge Rito, le Cap-Vert s’est révélé au grand public lors de la CAN 2020, conclue à une prometteuse cinquième place. Cette première apparition majeure a ouvert la voie à une dynamique constante, malgré l’épisode douloureux du Mondial 2021, marqué par un forfait prématuré en raison de la pandémie de Covid-19. Loin de freiner l’élan, cet obstacle a servi de catalyseur.

La consécration continentale intervient en 2022, avec une finale historique et une médaille d’argent qui fait date. Depuis, la régularité s’impose comme la marque de fabrique cap-verdienne : quatrième à la CAN 2024, 23e puis 25e aux Championnats du monde 2023 et 2025, la sélection démontre une capacité à exister durablement sur la scène internationale.

A Kigali, les joueurs assument désormais leurs ambitions. Les cadres de l’effectif évoquent un groupe mûri par l’expérience, animé par la volonté de franchir un nouveau palier. Discipline tactique, engagement physique et solidarité collective demeurent les piliers d’un projet qui vise clairement le dernier carré. Plus qu’un outsider, le Cap-Vert avance désormais en prétendant crédible, conscient que la constance est devenue sa meilleure alliée.

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Guépard du Jour : Sankara Simbia, l’élégance d’un leader au service du collectif

Il est de ceux dont la présence rassure et dont la parole apaise. A 38 ans, Sankara Simbia incarne la mémoire, la constance et l’ambition retrouvée du handball béninois. Capitaine des Guépards, le demi-centre s’avance à Kigali avec le statut des anciens et l’enthousiasme d’un pionnier, à l’occasion du retour du Bénin à la Coupe d’Afrique des nations seniors hommes de handball, trente ans après sa dernière apparition.

Né le 16 novembre à Parakou, Sankara Simbia embrasse très tôt le handball. Son parcours épouse celui d’un bâtisseur patient. De Cyclone de Parakou en Division 2 entre 2007 et 2008, puis l’UAC HBC, avant d’atterrir dans l’équipe de Flowers CNSS, le natif de Parakou a gravi les échelons et évolue depuis peu au sein du club portuaire de l’Aspac. Champion du Bénin avec Flowers, il s’est non seulement forgé une réputation de meneur, travailleur et loyal, mais aussi respecté dans les vestiaires comme sur le parquet.

Physiquement, l’homme ne triche pas. Haut de ses 1,77 m pour 75 kg, il ne domine pas par la puissance brute, mais par l’intelligence du jeu, la vision périphérique et la justesse des transmissions. Demi-centre, Sankara Simbia est une boussole tactique. Il temporise, accélère, organise et assume ses responsabilités dans le jeu. Moralement, il est un capitaine de devoir, adepte du collectif avant l’ego, de l’humilité avant la fanfaronnade.

Vainqueur en 2025 de la 2ᵉ édition du tournoi de l’ACNOA Zone 3 à Ouagadougou avec la sélection nationale, face au Ghana en finale, il aborde la CAN Rwanda 2026 sans complexe. « Nous ne ressentons pas de pression particulière », confie-t-il. Pour lui, l’essentiel est de jouer match après match, de défendre chèrement chaque ballon et rappeler que le Bénin n’est plus un figurant.

A la CAN rwandaise à Kigali, Sankara Simbia ne promet pas des miracles. Il promet mieux l’engagement total et la fierté retrouvée. Et cela, pour un peuple sportif en quête de repères, vaut déjà beaucoup.

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Barry Babatchene : « Entre le Maroc et le Congo, on a senti une nette progression »

Présent à Kigali dans le cadre de la campagne handball, l’entraîneur d’Énergie Handball Club de Cotonou, Barry Babachéné, a suivi de près les prestations des Guépards handballeurs du Bénin. Entre manque de préparation, progression notable d’un match à l’autre et prudence face à la redoutable sélection cap-verdienne, le technicien livre une analyse mesurée et réaliste du retour béninois sur la scène continentale, trente ans après sa dernière participation.

Vous êtes à Kigali dans le cadre de la campagne handball. Vous avez assisté aux prestations des handballeurs béninois. En tant que technicien, quelles analyses faites-vous des deux sorties du Bénin ?

Tout d’abord, je félicite les athlètes. Une CAN n’est pas une petite compétition. Lorsque l’on compare les deux sorties, on constate une nette progression chez les joueurs. Ce constat peut s’expliquer par un manque lors de la préparation, notamment l’absence de matchs amicaux. Cela a certainement eu un impact. Toutefois, malgré cela, nous avons observé une nette amélioration de l’équipe dans son ensemble entre le premier match face au Maroc et le second face au Congo. Des matchs amicaux auraient permis de mieux préparer les joueurs et de corriger certaines erreurs avant l’entrée en compétition.

Entre le match face au Maroc et celui contre le Congo, qu’est-ce qui a changé dans la manière de jouer ?

Face au Maroc, on a constaté un manque de maîtrise collective. L’équipe débutait le match, mais au fil de la rencontre, on sentait qu’il n’y avait pas encore d’équipe type clairement établie. Les relations entre les joueurs de la base arrière, ainsi qu’avec les ailiers, n’étaient pas bien huilées. Il a fallu l’entrée de certains joueurs, notamment les locaux qui se connaissaient déjà, pour ressentir une meilleure coordination. L’absence de matchs de préparation a empêché une véritable complicité entre les nouveaux venus, notamment les binationaux, et les joueurs locaux. Chacun a sa manière de jouer, et cela nécessite du temps. Face au Congo, nous avons constaté une nette amélioration, signe que les joueurs commencent à mieux se connaître. Nous pouvons donc espérer encore mieux pour le prochain match.

Face au Cap-Vert, que peut-on attendre du Bénin ?

Le Cap-Vert est une très grande équipe que je respecte énormément. Le Bénin ne devra pas jouer à leur rythme. Si nous parvenons à maîtriser cet aspect, peut-être pourrons-nous les tenir en échec. Les joueurs doivent être conscients qu’ils affrontent une équipe composée de grands joueurs. Il ne faudra pas se précipiter, mais jouer calmement, balle après balle, comme si chaque possession était décisive. Ala fin, nous pourrons peut-être obtenir le résultat espéré, à condition d’éviter les erreurs grossières.

Trente ans après, le retour du Bénin sur la scène continentale était-il opportun ?

Tout moment est idéal. Nous avons une fédération ambitieuse et un gouvernement prêt à accompagner le sport. Je dirais qu’il s’agit presque d’une première participation pour tous les joueurs et même pour le staff. Nous sommes venus avant tout pour apprendre. Il ne faut pas dire que nous sommes venus pour gagner.
L’essentiel est que la fédération continue sur cette dynamique, permette à cette jeune équipe de participer régulièrement aux CAN. C’est à ce prix que le Bénin pourra progressivement se forger un nom sur le plan continental.

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