Présent à Kigali dans le cadre de la campagne handball, l’entraîneur d’Énergie Handball Club de Cotonou, Barry Babachéné, a suivi de près les prestations des Guépards handballeurs du Bénin. Entre manque de préparation, progression notable d’un match à l’autre et prudence face à la redoutable sélection cap-verdienne, le technicien livre une analyse mesurée et réaliste du retour béninois sur la scène continentale, trente ans après sa dernière participation.

Vous êtes à Kigali dans le cadre de la campagne handball. Vous avez assisté aux prestations des handballeurs béninois. En tant que technicien, quelles analyses faites-vous des deux sorties du Bénin ?

Tout d’abord, je félicite les athlètes. Une CAN n’est pas une petite compétition. Lorsque l’on compare les deux sorties, on constate une nette progression chez les joueurs. Ce constat peut s’expliquer par un manque lors de la préparation, notamment l’absence de matchs amicaux. Cela a certainement eu un impact. Toutefois, malgré cela, nous avons observé une nette amélioration de l’équipe dans son ensemble entre le premier match face au Maroc et le second face au Congo. Des matchs amicaux auraient permis de mieux préparer les joueurs et de corriger certaines erreurs avant l’entrée en compétition.

Entre le match face au Maroc et celui contre le Congo, qu’est-ce qui a changé dans la manière de jouer ?

Face au Maroc, on a constaté un manque de maîtrise collective. L’équipe débutait le match, mais au fil de la rencontre, on sentait qu’il n’y avait pas encore d’équipe type clairement établie. Les relations entre les joueurs de la base arrière, ainsi qu’avec les ailiers, n’étaient pas bien huilées. Il a fallu l’entrée de certains joueurs, notamment les locaux qui se connaissaient déjà, pour ressentir une meilleure coordination. L’absence de matchs de préparation a empêché une véritable complicité entre les nouveaux venus, notamment les binationaux, et les joueurs locaux. Chacun a sa manière de jouer, et cela nécessite du temps. Face au Congo, nous avons constaté une nette amélioration, signe que les joueurs commencent à mieux se connaître. Nous pouvons donc espérer encore mieux pour le prochain match.

Face au Cap-Vert, que peut-on attendre du Bénin ?

Le Cap-Vert est une très grande équipe que je respecte énormément. Le Bénin ne devra pas jouer à leur rythme. Si nous parvenons à maîtriser cet aspect, peut-être pourrons-nous les tenir en échec. Les joueurs doivent être conscients qu’ils affrontent une équipe composée de grands joueurs. Il ne faudra pas se précipiter, mais jouer calmement, balle après balle, comme si chaque possession était décisive. Ala fin, nous pourrons peut-être obtenir le résultat espéré, à condition d’éviter les erreurs grossières.

Trente ans après, le retour du Bénin sur la scène continentale était-il opportun ?

Tout moment est idéal. Nous avons une fédération ambitieuse et un gouvernement prêt à accompagner le sport. Je dirais qu’il s’agit presque d’une première participation pour tous les joueurs et même pour le staff. Nous sommes venus avant tout pour apprendre. Il ne faut pas dire que nous sommes venus pour gagner.
L’essentiel est que la fédération continue sur cette dynamique, permette à cette jeune équipe de participer régulièrement aux CAN. C’est à ce prix que le Bénin pourra progressivement se forger un nom sur le plan continental.