
22Jan
Quenum Koffi : « Après trente ans, participer à la CAN est déjà une performance »
De retour à la Coupe d’Afrique des nations de handball après trois décennies d’absence, le Bénin poursuit son apprentissage à Kigali. Après deux sorties face au Maroc et au Congo, le préparateur physique des équipes masculines, Quenum Koffi, dresse un diagnostic lucide de la prestation des Guépards, entre difficultés liées à l’altitude, regrets mesurés et motifs d’espoir avant le dernier match de poules contre le Cap-Vert.
Quenum Koffi, membre de la Direction Technique Nationale de la Fédération béninoise de handball
Vous êtes ici à Kigali dans le cadre de la Coupe d’Afrique des nations de handball. Le Bénin est de retour après trente ans de disette et a déjà disputé deux matchs. Que peut-on retenir après ces deux sorties ?
Je tiens à rappeler que lors de la première rencontre face au Maroc, nous avons rencontré énormément de difficultés, notamment parce que nous n’avons pas bénéficié d’une période d’acclimatation. Il faut rappeler qu’à Cotonou, nous nous entraînions à une altitude quasi nulle. En revanche, à Kigali, nous sommes à près de 1 600 mètres d’altitude. Les Guépards handballeurs n’avaient donc pas eu le temps nécessaire pour s’acclimater, ce qui les a un peu pénalisés sur le plan physique. Ils n’arrivaient pas à récupérer rapidement, car l’organisme n’était pas encore bien adapté. En revanche, lors de la seconde rencontre face au Congo, nous avons compris que ces valeureux Guépards avaient fourni de grands efforts. Ils ont été à la hauteur, puisque le score est resté relativement serré. Certes, nous aurions pu faire mieux, mais en raison de certaines difficultés, notamment au niveau des réceptions et de la concentration, nous n’avons pas réussi à prendre le dessus. Je trouve toutefois que nos joueurs ont fourni beaucoup d’efforts. Ils ont désormais pris confiance et sont progressivement en train d’entrer dans la compétition. Je crois que de belles choses nous attendent.
Sur cette rencontre, y a-t-il eu des regrets, sachant qu’il y avait quelque chose à prendre face au Congo ?
Il y a forcément des regrets, car sur plusieurs actions, nous n’avons pas réussi à marquer pour sécuriser la fin du match. Ces regrets se traduisent clairement au niveau du score. Un score serré de 26 à 22 montre que nous étions tout proches. Avec le nombre de ballons perdus et les occasions manquées en attaque, cela prouve que nous pouvions remporter cette rencontre. Nous allons donc essayer de remonter le moral du groupe, de leur redonner confiance afin que, lors des prochaines rencontres, nous puissions espérer de meilleurs résultats.
Avant le dernier match de poules, qu’est-ce qu’il faut corriger face au Cap-Vert ?
Nous constatons essentiellement que nos joueurs ont des difficultés en attaque. Ils n’arrivent pas suffisamment à se regrouper ni à pénétrer les intervalles. Ils jouent parfois trop loin de la défense, ce qui empêche une bonne circulation du ballon vers les partenaires. S’ils peuvent déjà commencer à corriger ces aspects, même si le temps est limité pour intégrer toutes ces notions, nous pouvons espérer mieux. Il faudra également qu’ils osent davantage. Lorsque le schéma de jeu ne fonctionne pas, ils doivent prendre la responsabilité d’aller au duel avec leur vis-à-vis, montrer leurs capacités, puis, si nécessaire, ressortir le ballon et continuer à oser.
Peut-on ressentir de la frustration après cette participation à la CAN, trente ans après ?
Non, il n’y a aucun regret, aucune frustration. Après trente ans, le simple fait d’avoir participé constitue déjà une performance. Ce sont des repères importants que nous sommes en train de prendre afin de mieux rebondir à l’avenir. Nous devons désormais analyser ces repères, corriger les difficultés observées face aux équipes rencontrées et nous projeter vers les prochaines compétitions afin de donner le meilleur de nous-mêmes.
