À 24 ans, Warren Justin Gabriel Allan Pinto incarne une nouvelle génération de handballeurs béninois façonnés à l’école européenne, mais profondément attachés à leurs racines. Arrière droit de la sélection nationale du Bénin, il dispute actuellement la 27e Coupe d’Afrique des Nations de handball Seniors Hommes au Rwanda, un tournoi qu’il découvre avec ambition et sérénité.
« On a commencé nos premiers matchs, ça se passe bien. C’est une très belle compétition », confie-t-il, après la première sortie des Guépards handballeurs dans le tournoi face au Maroc. Né en France, Warren Pinto évolue actuellement au club de Soissons (France), mais son histoire avec le handball débute bien plus tôt. Formé au Tremblay Handball, club de première division française, il y effectue toutes ses classes de jeunes, des moins de 14 ans jusqu’aux moins de 18 ans. Cette progression le conduit au niveau U18 France Nationale, où il décroche un titre de champion de France, une étape importante dans sa construction sportive.

Son potentiel est ensuite confirmé par son intégration au Pôle Espoir de Chartres, un dispositif réservé aux meilleurs jeunes joueurs de plusieurs générations, destiné à former l’élite de demain. À 18 ans, il rejoint le centre de formation, évoluant avec l’équipe réserve de première division pendant deux saisons, tout en côtoyant le groupe élargi de l’équipe professionnelle.
Warren Pinto poursuit ensuite son développement à Soissons, un club alors engagé dans un projet de montée. Sous la direction de son entraîneur, Basile Pinto, qui n’est autre que son père, il participe activement à l’ascension du club.
Champion de France Nationale 3, montées successives, installation durable en Nationale 2 avec une place dans le haut du tableau, Warren Pinto enchaîne les bonnes performances. Évoluant au poste d’arrière droit, il se distingue avant tout par un profil complet, façonné par des années de formation exigeantes. Sa lecture du jeu, sa discipline tactique et sa puissance héritée de son passage en pôles et centres de formation font de lui un atout majeur pour l’équipe nationale du Bénin. Sans effet d’annonce, son jeu est celui d’un joueur formé, structuré et fiable, davantage tourné vers l’efficacité que le spectaculaire. C’est ce dont il fait montre depuis le début de la CAN au Rwanda à chaque match des Guépards handballeurs.
Son arrivée en sélection béninoise est tout simplement un choix du cœur. Par sa mère béninoise d’origine et son grand-père, Warren Pinto est profondément lié au pays. « C’était la suite logique pour moi. C’est un bonheur de retourner un peu à mes sources et de porter la tunique béninoise », explique-t-il avec émotion.
Pour lui, défendre les couleurs du Bénin dépasse le simple cadre sportif. C’est un honneur, un plaisir, mais aussi une responsabilité, à l’heure où le handball béninois cherche à s’installer durablement sur la scène africaine. Dans une sélection en reconstruction et en quête de repères, son expérience européenne et sa maturité constituent un atout précieux.