(EXCLU) Mondial Dames Beach Handball, Zagreb 2026 : immersion dans les coulisses des préparations tactique et physique des Amazones du Bénin

​Sacrées championnes d’Afrique à Lomé à l’issue de la toute première édition de la Can de Beach Handball, les Amazones Beach handballeuses du Bénin affinent des stratégies avant d’aborder la Coupe du Monde qui s’avance déjà à grands pas en Croatie courant ce mois de juin 2026. Immersion exclusive au cœur du staff technique national qui sculpte, entre innovations athlétiques et rigueur tactique, la sélection nationale face au très haut niveau mondial.

​Le sable fin de Fidjrossè porte actuellement l’empreinte des exigences du très haut niveau international. À quelques semaines du coup d’envoi de la compétition en Croatie, l’encadrement technique des Amazones a passé la vitesse supérieure.   Du samedi 29 mai au samedi 6 juin 2026, les Championnes d’Afrique ont vécu un troisième regroupe.  Ce troisième bloc de préparation marque une rupture nette avec les précédentes mises au vert, matérialisant le passage d’une domination continentale à l’ambition mondiale. Pour rivaliser avec les écuries européennes, le staff mise sur une formule précise : l’optimisation athlétique individualisée, la consolidation des projets tactiques et une désacralisation mentale de l’événement.

Au laboratoire physique : dompter l’instabilité du sable

​La transition vers l’élite mondiale impose une intensité physique supérieure. Le Beach handball moderne se décline en sprints répétitifs, en sauts verticaux et en changements de direction brusques, le tout sur une surface mouvante qui décuple l’effort. Pour répondre à ce défi, le préparateur physique de la sélection, Albéric Tito, a basculé le groupe dans une phase de haute intensité. ​« Nous proposons un contenu en puissance des filières anaérobie lactique puis la puissance de l’aérobie. Nous avons aussi intégré les circuits de renforcement spécifique : gainage dynamique, les muscles des membres scapulaires et pelviens », explique le technicien. ​Le travail de l’explosivité fait l’objet d’une attention particulière, dictée par les contraintes propres à la discipline. Le staff utilise les propriétés du sol pour pousser le corps des joueuses dans leurs derniers retranchements physiologiques. ​« Des exercices de pliométrie adaptée au sable sont proposés aux joueuses. On travaille sur l’instabilité ici, on provoque des adaptations neuromusculaires que le terrain dur ne peut pas produire », précise Albéric Tito, avant d’ajouter que « les bonds latéraux, des accélérations enchaînées de saut, les squats, les départs explosifs en déséquilibre sont au cœur de nos séances ». ​Pour préserver l’intégrité physique du groupe face à de telles charges, un protocole strict mêlant proprioception et neuro-entraînement s’active dès l’entame de chaque session. Les premiers indicateurs s’avèrent d’ailleurs encourageants. Le préparateur physique se réjouit de voir que « la courbe de progression est visible. Les temps sur les tests de sprints répétés se sont améliorés, la qualité des sauts s’est améliorée même sous la fatigue ».

Modeler l’identité tactique face au rythme mondial

​Sur le plan technico- tactique, le sélectionneur principal, Léonce Linta, s’attelle à injecter de la fluidité et de la vitesse dans le projet de jeu béninois. L’un des grands enjeux de ce Mondial réside dans la maîtrise des combinaisons aériennes et des tirs spectaculaires, crédités de deux points au tableau d’affichage. Le technicien en chef est pleinement conscient de la marche à franchir face aux nations majeures. ​« Le Beach handball mondial, et particulièrement européen, se caractérise par une très grande intensité de jeu, une vitesse d’exécution élevée et une maîtrise des actions à deux points », analyse Léonce Linta. ​Pour sa première participation historique à ce niveau, la sélection béninoise refuse de se présenter en victime résignée. Le sélectionneur national confie que ses orientations actuelles se focalisent sur « les transitions rapides, les situations de supériorité numérique et les combinaisons offensives permettant de valoriser les buts à deux points. Nous multiplions également les mises en situation de match pour habituer les joueuses à prendre des décisions rapides sous pression ». ​Bien que la cellule technique ait entamé le décryptage vidéo des adversaires de la poule, l’heure reste à l’ancrage des principes collectifs locaux avant de s’adapter aux spécificités des autres nations lors de l’ultime bloc. Le récent tournoi d’évaluation des 5 et 6 juin a permis de valider la viabilité de ces circuits face à une opposition réelle, confirmant la bonne forme des championnes d’Afrique.

Gestion des corps et force d’un collectif uni

​La quête de la liste définitive pour la Croatie impose une gestion humaine rigoureuse. Parti d’un effectif élargi de 20 joueuses lors des deux premiers rassemblements, le staff a resserré le groupe à 13 athlètes pour ce troisième stage charnière. Ce processus d’écrémage a malheureusement été percuté par des imprévus médicaux majeurs. La capitaine de la sélection a subi une fracture de l’épiphyse distale de la fibule suite à une mauvaise chute à l’hôtel, tandis que l’internationale Farima Diakité est actuellement victime d’un traumatisme au pouce de sa main dominante. Ces deux cadres affichent une forte probabilité de forfait pour l’expédition européenne.​Loin d’installer le doute, ces coups du sort semblent renforcer la résilience du groupe. Léonce Linta rappelle que la sélection s’établit sur des critères transparents d’état de forme et de complémentarité. La liste finale des 10 Amazones officielles sera dévoilée à l’orée du dernier stage, programmé pour débuter le 10 juin prochain. ​Cette solidarité à toute épreuve découle d’un cadre de vie strict et harmonieux mis en place au quotidien. Dossi Viviane Agbèdè, sélectionneure adjointe, insiste sur l’importance de la cohésion interne lors de ces longues semaines de vie commune. ​«Nous favorisons les échanges permanents entre les joueuses, les moments de partage et les activités qui renforcent la confiance mutuelle. Chaque joueuse doit comprendre que la réussite collective passe avant les intérêts individuels », soutient l’adjointe.

Aborder l’échéance avec ambition et lucidité

​L’enjeu majeur de l’encadrement réside également dans la gestion psychologique de cette première historique, afin que l’environnement du Mondial ne paralyse pas l’expression technique des joueuses sur le terrain. ​« Notre travail consiste justement à transformer cet événement en une opportunité sportive plutôt qu’en une source de pression », affirme Dossi Viviane Agbede. ​Le message délivré aux Amazones se veut pragmatique et valorisant : leur présence en Croatie découle uniquement de leur mérite sportif et de leur couronne africaine.

À l’heure du bilan de ce troisième stage, l’encadrement technique affiche une posture unie et sereine avant d’entamer la dernière ligne droite de la préparation. La sélectionneure adjointe résume l’état d’esprit global par un triptyque évocateur : ​« Sérénité, détermination et ambition. La sérénité parce que nous savons le travail qui a été accompli depuis plusieurs mois et nous constatons chaque jour les progrès réalisés par les filles. La détermination parce que nous sommes conscients du niveau d’exigence d’une Coupe du Monde. Enfin, l’ambition parce que nous ne voulons pas être de simples participants ».

Le Bénin s’apprête ainsi à porter haut les couleurs de l’Afrique, avec la ferme intention de capitaliser sur chaque seconde passée sur le sable croate.

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