Après la deuxième sortie du Bénin contre le Congo (26-22), Basile Pinto a analysé le match et reste conscient que la sélection béninoise a un très bel avenir devant lui. Morceaux choisis. 

Qu’est-ce qui a fait la différence dans ce match ?

Je pense que c’est l’expérience. Le Congo a plus d’expérience sur la scène internationale. C’est cela qui a fait la différence dans les moments clés : l’expérience que les joueurs congolais ont su mettre en avant, ainsi que leur capacité à conserver le ballon sans le perdre. De notre côté, c’est ce manque de maîtrise qui a fait qu’ils sont passés devant nous. Je les remercie pour les éloges qu’ils nous ont adressées. Et évidemment, il y a Naal, qui a été élu meilleur joueur de ce match, un garçon que je connais très bien. Je suis très heureux que ce soit lui qui soit désigné meilleur joueur.

Et la suite pour le Bénin ?

Je ne pense pas que nous ayons réellement perdu aujourd’hui. Je pense plutôt que nous avons appris. Et à chaque match, nous apprenons. En tout cas, c’est ce que je demande à mes joueurs. Je suis derrière eux en permanence. Même quand nous sommes à l’hôtel, nous travaillons. Même quand nous ne nous entraînons pas, nous travaillons. Nous sommes en séance vidéo, nous convoquons les joueurs individuellement, nous travaillons avec eux en permanence. Je pense que c’est peut-être aussi cela qui a fait qu’aujourd’hui, nous avons montré un autre visage, parce que nous nous sommes dit les vérités avant le match.

Nous avons fait le point avec le staff sur le fait qu’hier, il y a eu des déconvenues importantes. Nous en avons parlé et nous avons mis le doigt là où il fallait, je pense. Parce qu’il est vrai qu’aujourd’hui, nous avons livré un autre match par rapport à celui face au Maroc. Et c’est rassurant pour eux, c’est rassurant pour nous. Cela veut dire que nous ne travaillons pas pour rien. Et c’est rassurant aussi pour l’avenir, ce qui est le plus important. Nous avons essayé de mettre un peu en lumière les problèmes du Congo.

Qu’est-ce qui a été dit dans le vestiaire ?

Nous avons essayé de mettre en lumière les problèmes du Congo, afin de les exploiter en seconde mi-temps, au moins dans le rapport de force. C’est ce que nous nous sommes dit. Et puis, je trouve que le match était plutôt équilibré. Encore une fois, ce qui a fait que le Congo est passé devant, c’est qu’à des moments clés, lorsque nous perdons le ballon, eux ne le perdent pas.

Qu’est-ce qui a changé, au-delà des joueurs qui manquaient peut-être contre le Maroc ?

Au-delà des joueurs qui manquaient peut-être contre le Maroc, ce sont surtout les comportements : les changements d’attitude défensive et la compréhension du plan de jeu. Il ne faut pas oublier qu’il s’agit de notre deuxième match international, à un niveau où l’intensité s’élève. Si nous continuons ainsi, cela signifie potentiellement que la deuxième semaine sera meilleure que la première. Et l’avenir du Bénin sera bien meilleur si nous continuons à travailler une fois la compétition terminée.

Qu’est-ce qu’il faut affiner face au Cap-Vert ?

Nous avons besoin d’affiner nos relations de jeu. Aujourd’hui, elles sont en cours d’affinage. Lorsqu’elles seront plus abouties, nous serons plus performants et cela ira mieux pour nous. Face au Cap-Vert, ce sera un match où nous allons encore nous concentrer sur nous-mêmes, et non sur l’adversaire. Le Cap-Vert est une nation du top 3 ou 4 africain. Nous allons nous concentrer sur nous afin d’affiner notre plan de jeu, d’être de plus en plus clairs dans ce que nous devons faire et produire. Ensuite, nous aborderons la deuxième semaine, puis nous ferons le bilan de cette compétition, avec l’objectif, je l’espère, de revenir dans deux ans à une CAN où le Bénin sera plus solide et plus fort.

Un mot sur les joueurs expatriés…

Ce sont des joueurs qui ont connu le haut niveau, notamment Charly Sossou, qui a évolué en France. Même s’il a 38 ans, cela ne se ressent pas sur le terrain. Il a encore beaucoup à apporter. Nous sommes heureux qu’il soit avec nous au Bénin, car il apporte énormément, sur comme en dehors du terrain. Le handball ne se résume pas uniquement au jeu sur le terrain, c’est aussi ce qui se passe dans le vestiaire. Charly nous apporte beaucoup. Isaac nous apporte également énormément d’expérience au poste de pivot. Il est né en 2002, donc très jeune, et il a tout l’avenir devant lui avec le Bénin.